Nutrition/Santé

Intolérance | Vivre l’intestin irritable

J’ai récemment partagé mon expérience concernant mon intolérance au lactose.

Vous pouvez lire cet article juste ici.

J’aimerais parler en détail de la « maladie » que j’ai eu car cela ne s’est pas arrêté au lactose.

J’espère que cela aidera peut-être les personnes qui ont ce genre de problèmes à y voir plus clair et trouver des pistes de guérison.

Aujourd’hui les choses ont changés, je ne suis plus intolérante au lactose. Je ne dis pas que je n’ai plus aucun souci digestif, ça serait mentir (et je vous en reparlerai, promis !) mais cela s’est grandement amélioré.

Je ne suis plus diagnostiquée comme colopathe chronique.

Je ne suis plus obligée d’exclure totalement les produits laitiers, les fibres (légumes, fruits, légumineuses…), le gluten et tout ce qui peut enflammer mon intestin.

Ce dernier semestre je suis passée par des périodes extrêmement difficiles, car quasiment du jour au lendemain j’ai commencé à ne plus rien digérer. Mais vraiment rien, pas même une pomme qui est pourtant considérée comme extrêmement douce pour le système digestif.

Du jour au lendemain dès que je mangeais des plats « classiques » je me tordais en deux comme si j’avais mangé du lactose. A une telle intensité qu’un matin après avoir mangé mon Miam-ô-fruit que j’aimais tant, je n’ai pas pu aller travailler…

Et contrairement à d’autres, chez moi c’est toujours resté « bloqué ». C’est délicat d’en parler mais nécessaire lorsqu’il s’agit de ce sujet : Je n’arrive pas à aller aux toilettes dans ces cas-là ce qui est très problématique. La fonction de nettoyage au niveau de l’intestin n’est pas effectuée ce qui a pour conséquence de laisser les restes d’aliments fermenter ici et là… Ce qui engendre un cercle vicieux dont on ne sort pas facilement. 

Si vous êtes de ceux qui filent tout droit aux toilettes après avoir mangé, cela est une « bonne chose » si j’ose dire car votre intestin fonctionne bien ! Votre corps vous parle et vous incite à changer d’alimentation…

L’EFFET SUR LE MORAL

J’aimerais revenir sur un point important qu’engendre cette maladie.
On vit tous différemment ce problème mais ce qui est certain c’est que cela est toujours très difficile.
L’influence que les symptômes peuvent avoir sur le moral de la personne qui est touchée peut être énorme.

J’ai été frappée par l’intensité de cette douleur psychologique qui est clairement plus forte comparée à celle qui apparaît lors d’autres douleurs chroniques. Plus la maladie augmente, plus la peur du symptôme s’installe. Jour après jour vous n’avez plus goût à rien, car vous avez peur d’avaler quoi que se soit.

Nous savons aujourd’hui que l’intestin est notre « deuxième cerveau » et qu’il produit autant voir plus d’hormones et de neurotransmetteurs que notre cerveau.

La déprime s’installe petit à petit en gardant le sourire à l’extérieur, et parfois il faut tout lâcher sur une épaule bienveillante…
Il faut dire que le côté social en prend un coup ! Les invitations ont un goût de complication… Explications et justifications sont souvent nécessaires. Le commun des mortels n’est pas du tout au courant de ce genre de pathologie car très souvent les personnes n’en parlent pas du fait de sa nature gênante (les symptômes ne sont pas très glamour il faut l’avouer et très difficile à vivre). Ils subissent la maladie et finissent par ne plus sortir de chez eux.

Pour avoir rencontré des personnes malades au même moment que moi je peux dire en plus de ma propre expérience que les colopathes vivent leur vie sous un ciel de grisaille et parfois depuis des années !

INTROSPECTION

Vous me connaissez, j’aime comprendre ce qu’il se passe. C’est un besoin primaire chez moi surtout lorsque ça me concerne, moi ou mes proches. Je lis énormément et à travers mes recherches j’enrichi mes connaissances, et parfois cela m’aide à trouver des solutions ou à faire mes choix.

Au sujet de l’intestin (et beaucoup d’autres sujets) malheureusement la médecine ne sait rien. J’entends encore ces mots sortir de la bouche de mon médecin : 

« En terme de connaissance sur l’intestin nous sommes des bébés, et encore, des fœtus. »

Très engageant non ?

De ce fait j’ai élaboré ma stratégie en ce sens : utiliser différents points de vue en médecine. Compiler des tonnes d’explications pour avoir le plus de chances de trouver des pistes et comprendre ce qu’il se passe.

Nous sommes des milliers à survivre à des troubles liés au système digestif, les symptômes ne sont pas forcément les mêmes. De ce fait la médecine conventionnelle se cantonne à nous jeter dans une case, et à nous prescrire des antidouleurs avec des régimes d’exclusions sur le long terme.

Mais nous n’allons pas vivre comme ça toute notre vie, si ?

Bah si. Enfin en théorie.

J’ai regardé des tonnes de vidéos sur YouTube et de tous bords, lu des dizaines d’articles de scientifiques, de naturopathes et de passionnés de médecine. Une vague, que dis-je, un raz de marée d’informations en tout genres qu’il a fallu traiter, pour essayer de réunir le plus d’informations possibles à ce sujet.

EN PRATIQUE

Nous sommes en Février 2018.

  • En premier lieu j’ai pris rendez-vous chez le gastro-entérologue comme me l’a indiqué mon médecin généraliste (rendez-vous qui m’a été donné 4 mois plus tard autant dire qu’il ne fallait pas être pressée).
  • Je ne suis pas du tout médicament mais les premiers jours j’ai été obligée de prendre un antispasmodique automatiquement avant chaque repas pour palier aux douleurs intestinales. Cependant je me suis vite arrêtée ne sachant plus ce que je digérais ou non… Et je vous conseille de faire de même.
  • Jai décidé de me renseigner sur un régime d’exclusion conseillé par mon médecin pour réussir à manger sans douleurs : Le régime F.O.D.M.A.P. qui exclu tous les aliments contenant des sucres fermentescibles (pour faire court). Ils sont présents dans toutes les catégories d’aliments dont beaucoup de fruits, de légumes, produits laitiers, céréales complètes etc… A mon sens, c’est une solution d’urgence mais pas sur le long terme car en excluant ces types d’aliments cela oblige à se supplémenter, à prendre des médicaments (ou des plantes telles que le psyllium blond ou des tisanes à boire) pour avoir un transit normal.

C’est très contraignant mais ça marche ! Il m’a sauvé pendant quelques mois…

  • Dans le même temps, j’ai aussi décidé de demander l’avis d’une naturopathe nantaise qui était passée déposer sa carte dans la boutique bio où je travaille et avec qui j’avais eu un bel échange. Après avoir informé Magali Horvais des nombreuses pathologies qui font rage dans mon corps de jeune femme depuis tant d’années (asthme, acné, allergies respiratoires et j’en passe) elle a pris le temps et a tout analyser.
    Quelle a été ma surprise lorsqu’elle m’a parlé de mon foie « défaillant »! Je me demandais vraiment quel était le rapport… 
    Elle m’a rapidement conseillé un régime d’exclusion qui ressemblait fortement à celui décrit plus haut (gluten, céréales, certaines fibres, produits laitiers, certaines viandes…), d’arrêter certains médicaments journaliers qui lui semblaient trop toxiques pour moi (pilule) et de prendre certains compléments alimentaires pour soutenir mon foie (Desmodium) et réparer mon intestin (L-glutamine).

Je dois avouer que je me suis sentie beaucoup mieux en sortant de cette consultation. J’avais retrouvé de l’espoir. 

Nous sommes en Avril 2018. 

  • J’ai eu la chance de rencontrer un autre spécialiste des plantes : Jean-François Astier qui a fondé l’herboristerie Natura Mundi située à Toulouse et qui possède aussi une boutique en ligne du même nom.
    Il m’a posé une avalanche de questions auxquelles je ne m’attendais pas du tout. Ce qui lui a permis de faire une analyse poussée de mon état. En conclusion : une confirmation du diagnostic précédent. Il m’a donné des conseils de soins (drainage hépatique intense par une tisane, et renforcement immunitaire par la griffe de chat).
  • A la suite de la lecture d’un article scientifique très intéressant concernant le Sexe et le Genre dans un magazine interne de l’I.N.S.E.R.M. prêté par mon adorable cousine dans lequel je cite :

Eric Houdeau et Marie-Pierre Moisan chercheurs de l’Inra indiquent que les hormones féminines ont une action sur l’inflammation, la perméabilité de l’intestin et son transit […]. Les symptômes de ces maladies digestives sont intimement liés aux cycles hormonaux tout au long de la vie des femmes, s’ajoutent la prise de la pilule contraceptive et des traitements hormonaux de substitutions, ainsi que les facteurs comme l’alimentation ou le stress.

Déclic.

  • J’ai décidé d’arrêter la pilule contraceptive Diane 35 qui m’a été prescrite au mois de décembre 2017 pour traiter mon acné à la suite de Varnoline continu (prescrite depuis le mois d’août 2016 et 3 mois avant mes premiers symptômes d’intolérance au lactose). Il faut savoir que l’effet d’une pilule est entre 3 et 6 mois.
    Les différentes informations m’ont convaincues que cela faisait bien trop longtemps que je prenais ce type de médicament et que peut-être cela n’était pas bon pour ma santé. J’ai aussi vu naître l’envie de vivre avec un cycle naturel, ressentir et retrouver ma place de femme et d’être humain dans ce monde. Bref, l’intuition.

Les contraintes et la baisse de moral liées de ce régime d’exclusion m’ont forcées à prier d’avancer le rendez-vous prévu avec mon gastro-entérologue mi juin.

Ouf, une place est libre mi-avril. 

Jour après jour, mes symptômes se sont améliorés. Par hasard, j’ai remangé des choses « interdites » sans avoir le moindre mal (datte, avocat…). 

  • Je rencontre le spécialiste du système digestif et évoque la situation. Il prend note, réfléchit. Il ne trouve pas les explications concernant les autres symptômes (carences vitaminiques et ferriques) et décide de me prescrire une prise de sang gigantesque pour écarter ou confirmer certaines maladies (cœliaque, malabsorption etc…) et de me faire passer une échographie et une fibroscopie en juin. Le tout doit être fait dans une situation alimentaire « normale » avec la reprise du gluten principalement.
    Aucune obligation de reprendre la pilule… 

Nous sommes en Juin 2018.

  • Je peux re-manger normalement à quelques exceptions près. Des symptômes persistent mais très peu gênant… Le gastro-entérologue m’accorde que la prise de la pilule a pu provoquer toutes ces douleurs, et évoque que pour confirmer cette hypothèse il faudrait la reprendre et voir si cela déclenche un nouveau dérèglement. 

Non merci… Ça va aller !

QU’EST-CE QUI NOUS INTOXIQUE ?

Après plusieurs semaines de recherches j’ai trouvé en conclusion que le foie et la vésicule biliaire sont des acteurs importants de la digestion.
En dehors de son rôles de synthèse et de stockage, le foie a un rôle d’épuration comme les reins ou encore la peau et les poumons… La vésicule biliaire produit des enzymes digestives et les autres organes s’occupent de toutes les toxines présentes dans notre corps. 

C’est un orchestre absolument magique lorsqu’il fonctionne bien.

Imaginez le travail de titan qui incombe à nos organes à cause de notre mode de vie « moderne ».

Ils ont énormément de substances à traiter : 

L’Alimentation

  • La pseudo nourriture telle que les plats préparés, les Fast-food mais aussi tous les plats qui contiennent des farines raffinées (blanches). Qu’ils soient salés ou sucrés (avec des ajouts de gluten en veux-tu en voilà pour obtenir des textures incroyablement moelleuses et aérées) c’est une véritable catastrophe pour notre organisme.
  • Les pesticides (fruits et légumes), d’antibiotiques (produits animaux) de métaux lourds (produits de la mer). On a tendance à penser (comme moi il y a quelques années) que les plats traditionnels sont sains et nous apportent que du bien. Grave erreur ! Les plats français sont très souvent trop riches en produits laitiers et viandes…

    Le dimanche chez mamie tout va bien mais tous les jours chez nous attention !

  • Les boissons : combien de litres par semaine buvez vous, et sur ce chiffre combien qui n’est pas de l’eau ? C’est très difficile à écrire car aimant moi même les liens sociaux, je me rends compte que je ne buvais quasiment pas d’eau en soirée, voire pas du tout. Ça me semblait tellement irréel avec toutes les propositions : bières, jus de fruits, vins, cocktails, sodas etc… Sachez en toute conscience que consommer plusieurs fois par semaine voire plusieurs fois par jour ce genre de boissons (non alcoolisées et incluant le thé et le café) induit forcément plus de travail pour votre foie.

Les autres facteurs

  • La prise d’un médicament qu’il soit hormonal ou non peut être la cause. Pour moi, ce fut le cas.
    La pilule contraceptive, vue comme un véritable moyen d’indépendance de la femme dans les années 70, reste un médicament. On s’aperçoit aujourd’hui qu’elle peut donner énormément d’effets secondaires. De plus, elle donne plus de travail au foie, et peut perturber le macrobiote intestinal. Ce n’est pas forcément le cas de tout le monde, mais un regard sur sa médication peut ouvrir une voie de guérison.
  • Le stress est un facteur aggravant important dans beaucoup de maladies. Il est utile d’analyser son mode de vie pour améliorer sa faculté à résister au stress, à l’anxiété chronique, et ainsi éviter des symptômes de dépression. On peut palier au stress par la pratique de sport ou d’activités permettant de lâcher prise et/ou de se détendre. Un rythme de vie sain avec une régularité dans le sommeil permet de diminuer les états d’anxiétés quotidiens. Un regard sur sa profession est très important aussi. De nombreux postes demandent une implication intense, et peuvent provoquer une dégradation de la santé à long terme.

Dernier Conseil

N’hésitez pas à faire des recherches poussées sur le sujet via internet, des revues scientifiques, des livres ou des connaissances et amis chercheurs. Le jeu en vaut la chandelle !

A travers mon expérience, j’espère que cet article a pu vous donner des indications, peut-être comprendre un peu plus cette maladie qui n’a rien d’impossible à traiter ! Je suis persuadée qu’une vision au cas par cas permettrait d’améliorer clairement la vie de nombreuses personnes.

Si vous avez des questions ou besoins, je serais ravie d’échanger avec vous. N’hésitez pas à me contacter via le formulaire de ce blog !

A bientôt sur skinsandco !

Sources :

Voici quelques liens qui peuvent vous être utiles.

https://www.alternativesante.fr/foie/le-foie-notre-centre-anti-poison

https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-foie-6966/

http://www.centre-hepato-biliaire.org/maladies-foie/fonctions-hepatiques.html

https://www.creapharma.ch/syndrome-du-colon-irritable.htm

https://www.biokplus.com/blog/fr_CA/sante-intestinale/4-raisons-pour-lesquelles-pilule-contraceptive-peut-affecter-le-microbiome-intestinal

https://www.badgut.org/centre-information/sujets-de-a-a-z/le-genre-et-les-intestins/?lang=fr

https://www.apssii.org/colopathie/causes.php

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